Haut-Karabagh: que s’est-il passé?

Forteresse d’Askeran, sur le territoire du Haut-Karabagh. Source: Wikipédia Commons

Entre le 27 septembre et le 9 novembre de cette année, a eu lieu un conflit opposant l’Arménie et l’Azerbaïdjan. Ces deux Etats ont disputé la souveraineté d’un territoire, la région Haut-Karabagh ou République d’Artsakh. Passé presque inaperçu dans un climat de pandémie mondiale, le sujet a peu retenu l’attention puisqu’il est aussi complexe et se déroule dans une région malheureusement mal connue.

Durant le conflit, une amie arménienne, Aida Sardaryan, réfugiée en Suisse depuis 2014, m’a ouvert la porte de son petit appartement pour m’expliquer les tenants et les aboutissements de ce conflit et voir si nous à notre niveau nous pouvions faire quelque chose à notre niveau. Suivant la presse locale arménienne et les réseaux sociaux, elle a pu voir le désastre humanitaire de ce conflit, voyant des amis à elle partir au front et le poussage à bout du droit international dans les affrontements ou encore être témoin la diffusion sur les réseaux sociaux des cadavres arméniens.

Localisation des territoires dans la région du Caucase.
Source: Wikipédia Commons

Dans ce portrait d’horreurs, elle m’a aussi parlé des enjeux liés à l’implication de la Turquie et au pouvoir actuel tenu par le leader populiste Erdoğan, aux fantasmes de panturkisme (les azéris étant un peuple d’origine turcique), et du génocide arménien (1915-1923). Elle me parla également des pendants nationalistes du pouvoir en Azerbaïdjan, de la réécriture de l’histoire . C’est un sujet bien vaste, que je n’ose détailler ici par manque de maîtrise du sujet et que cette passionnée d’histoire explique bien mieux que moi.

Dans ce petit territoire de jure azéri, peuplé par des arméniens et riche d’un patrimoine culturel arménien et chrétien, une République, s’est auto-proclamée, enclavée dans ce territoire azéri, turc et musulman. Parmi les faits rapportés et diffusés sur les réseaux sociaux, les otages arméniens étaient forcés à prononcer la phrase “Artsakh est l’Azerbaïdjan” en langue russe, commune par leur passé soviétique.

C’est véritablement pour les arméniens le dernier espoir au delà de l’annexion: une indépendance pour le Haut-Karabagh, devenant ainsi la République d’Artsakh. Ici, c’est le droit à l’auto-détermination d’un peuple qui est en jeu et celle-ci passe par la reconnaissance internationale.

Supplanté à la crise sanitaire, la situation est socialement grave. Les familles ont perdu leurs habitations et/ou des proches dans le conflit. Aida et moi-même avons lancé une cagnotte pour récolter des fonds et aider à notre niveau les familles arméniennes en commandant sur place des denrées de première nécessité.

Pour aller plus loin (liste bien évidemment non-exhaustive):

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